Si vous possédez un logement dans une ville universitaire, la question vous a sans doute traversé un jour : est-il prudent de louer à un étudiant ? Cette question divise les propriétaires. Dans certaines métropoles, les étudiants semblent représenter une manne de par leur nombre. D’un autre côté, ils ont la réputation d’être parfois peu soigneux, voire de causer des nuisances sonores. Pour s’y retrouver, voici un point sur les spécificités de la location étudiante.

La colocation ou l’art du partage d’habitation

Au début des années 2000, le film L’auberge espagnole a popularisé la colocation. Jadis vécue comme une contrainte, elle est désormais conçue par de nombreux jeunes comme un recours à l’isolement, et la possibilité de se faire de nouveaux amis. Parfois perçue par les propriétaires comme chaotique, la colocation présente certains avantages, à condition de prendre les bonnes précautions. Pour éviter des complications administratives, il est envisageable de souscrire à une assurance habitation en colocation, grâce à laquelle tous les colocataires sont assurés. Pour se prémunir contre dégradations et impayés, il est également conseillé d’ajouter une clause de solidarité au bail.

Ainsi, chaque colocataire est responsable pour, et avec les autres. Il convient enfin de veiller à ne pas surpeupler un appartement : céder à la tentation de transformer le living-room en chambre supplémentaire peut être une bonne idée, ne serait-ce que pour limiter les risques de grosses fêtes. À condition toutefois de disposer d’une cuisine assez grande pour que les locataires disposent d’un espace vital suffisant. En parlant de fêtes, il peut aussi être intéressant de sélectionner les étudiants selon leur formation. Dans les filières médicales et scientifiques, des soirées étudiantes sont souvent organisées dans des salles ou des boites de nuit. Cela limite le risque de voir votre appartement se transformer en rave party tous les week-ends.

Les spécificités du studio

Le studio est l’autre option qui s’offre aux étudiants. Le cas échéant, une location meublée peut vous permettre de bénéficier des avantages fiscaux LMNP. Un bonus non négligeable est la possibilité de profiter des vacances d’été, durant lesquelles les étudiants désertent souvent leur logement, en louant le studio pour de courts séjours. Très lucratives, les locations éphémères sont une opportunité pour optimiser vos revenus fonciers. Il existe aussi différentes options pour un bail adapté. La durée d’un bail étudiant peut être réduite à 9 mois. Autre alternative, le bail mobilité permet une location sur une période de 1 à 10 mois, mais attention : il n’est pas renouvelable. Il demeure important de vérifier que l’étudiant se munit d’une assurance habitation. Dans le doute, n’hésitez pas à solliciter votre assureur : il saura vous proposer le contrat d’assurance qui correspond à vos besoins et à ceux de votre locataire.

Studio ou colocation : les précautions à prendre dans tous les cas

La priorité d’un propriétaire est de sécuriser son investissement. Se prémunir contre les loyers impayés et les longues périodes de vacances sont donc au cœur de ses préoccupations. En plus d’une assurance loyers impayés, il convient de vérifier que l’étudiant est en mesure d’offrir des garanties solides. En général, les parents ont des revenus suffisants pour se porter garants. Attention toutefois aux familles qui se trouvent à l’étranger. Une alternative est la garantie Visale. Alors, c’est l’État qui se porte caution solidaire, sous conditions de ressources. Enfin, ne négligez pas le dépôt de garantie, indispensable en cas de dégradations. À ce sujet, les étudiantes sont généralement considérées comme plus soigneuses que les étudiants. Ne vous laissez toutefois pas tromper par des préjugés : il convient avant tout de rencontrer vos locataires, et de prendre le temps de jauger leur sérieux.

Les avantages de la location étudiante

Dans tous les cas, louer un bien à des étudiants permet habituellement de se protéger des aléas de la vie de propriétaire. Même si le turnover est important, vous êtes quasi certain d’avoir un nouveau locataire à chaque rentrée, avec la possibilité du séjour court pendant les grandes vacances. Il est aussi plus simple de trouver des locataires peu regardants sur l’état du logement : si le loyer est raisonnable, une habitation qui a besoin d’être rafraîchie trouvera plus facilement preneur chez des étudiants au budget réduit qu’auprès d’un public salarié. Par ailleurs, un examen attentif des revenus des garants devrait vous protéger des impayés, qui sont très rares avec ce public. La pression familiale a également tendance à limiter les dégradations : peu d’étudiants ont envie d’expliquer à leurs parents que leur dépôt de garantie s’est envolé pour cause de dégâts dans l’appartement. Et en cas de foyers modestes, la garantie Visale est là.